2025 m’a mise à nu.
Et c’est là, précisément, que quelque chose a commencé.
Après un an et demi de traitements médicaux et énergétiques pour décimer le cancer qui avait traversé ma vie, je pensais sincèrement que 2025 serait une année de renouveau. Une année où je pourrais enfin respirer, recommencer, reconstruire. Mes filles étaient autonomes, je n’avais plus à les porter comme avant. Et je me disais que si je n’avais rien à perdre — à part mon épargne — alors c’était le moment ou jamais de vivre une nouvelle aventure, tant que j’étais encore là, sur cette terre, dans ce corps.
Je suis partie en Irlande pour me retrouver. Retrouver mes racines. Comprendre les traumas qui m’avaient façonnée et qui m’empêchaient encore d’être moi.
Là-bas, sur la côte ouest, j’ai voulu conjuguer deux mouvements : mon projet de formation en psychothérapie à Londres et la solitude profonde d’un paysage qui ne demande rien, sinon d’être regardé.
Pendant un an, j’ai vécu entre deux pays, deux rythmes, deux pulsations. J’ai fait des allers-retours incessants. J’ai rencontré des gens extraordinaires. J’ai traversé des lieux magiques. J’ai vécu des expériences qui m’ont marquée à vie.
Et j’ai respiré des paysages qui m’ont rappelé que j’avais encore quelque chose à vivre. Puis le couperet est tombé.
Le logement dans lequel je vivais depuis un an — trouvé presque miraculeusement en pleine crise du logement irlandaise — ne pouvait finalement pas m’être conservé pour la deuxième année qui devait me permettre de terminer ma formation.
Ce lieu qui avait été une parenthèse de stabilité se refermait plus tôt que prévu.
Je n’avais ni l’envie, ni l’énergie, de repartir dans cette quête épuisante d’un nouveau toit, dans un pays où les loyers étaient devenus inaccessibles.
J’ai pris cela comme un signe. Un rappel. Un retour à l’essentiel.
Je suis rentrée en France.
J’avais besoin d’un environnement stable, après avoir encore investi dans un projet aussi exigeant financièrement qu’émotionnel.
Et pourtant, ce projet avait été une bénédiction : il m’avait reconstruite, il m’avait aidée à comprendre ce que la maladie essayait de me dire, il avait remis de la lumière là où il n’y avait plus rien.
Mais voilà : je me retrouvais à la case départ.
Dans l’incertitude.
Face à un regard social qui ne comprend pas toujours qu’une personne puisse ne pas “travailler”. Et avec le sentiment d’être de nouveau devant un vide que je n’avais pas choisi.
Me revoilà repartie sur le bateau, traversant une dernière fois la mer irlandaise, puis la France en voiture avec mon chien. Avec un goût d’amertume.D’inachevé, de déception, et même de culpabilité : celle de ne pas avoir tenu jusqu’au bout, comme je l’avais fait tant d’années durant.
En France, il n’y avait pas de crise du logement comme en Irlande, mais un autre mur : celui de trouver un toit sans bulletin de paie.
Et pourtant, une fois encore, l’univers a placé sur ma route un propriétaire qui m’a fait confiance. Un nouveau point de chute.
Une sécurité fragile, mais nécessaire.
Je suis revenue en août, dans une chaleur écrasante à laquelle je n’étais plus habituée. Moi qui avais vécu en pleine campagne, je me retrouvais en ville.
Mes sens et mes émotions ont été mis à rude épreuve. Et puis la question de la survie s’est imposée. Mon épargne disparaissait à vue d’œil.
Qu’allais-je faire ?
Mon diplôme de psychothérapeute n’avait aucune équivalence en France.
Si je voulais avoir le droit d’utiliser cette fonction il m’aurait fallu retourner sur les bancs universitaires et entamer un cursus de psychologue. Il en était hors de question.
Il fallait donc me détacher de cette idée que seuls les diplômes encadrés, accrochés aux murs, faisaient de nous des êtres légitimes.
J’ai cherché pendant des mois un titre pour me présenter: Coach ? Psycho-praticienne ? Therapeutic coach ? Coach en transition de vie ?
Je me perdais dans les étiquettes. Aucune ne racontait vraiment qui j’étais.
Et quand on me demandait administrativement : “Votre profession, c’est quoi ?”, ma gorge se serrait. Je finissais par répondre “coach”, parce qu’il fallait bien dire quelque chose. Mais cela sonnait faux.
Je n’y croyais pas. Ce n’était pas moi.
Autour de moi, les injonctions se faisaient entendre : “Il faudrait quand même que tu te remettes à travailler.”
J’avais envie d’hurler. Et j’hurlais. Au plus profond de moi. Encore.
Mais cette fois-ci, j’étais consciente du déplacement de mon Moi intime, de cette sensation d’être “hors de moi” — et je savais que ce déplacement-là, cette rupture intérieure, était ce qui m’avait conduite, un jour, à croiser mon crabe.
Alors oui : repartir de zéro. Mais pas en me trahissant.
Parce que me trahir encore m’aurait ramenée dans la même spirale de non-sens, celle qui épuise le corps jusqu’à la rupture.
Travailler pour survivre… ou survivre pour travailler ? Aucune de ces deux phrases ne racontait vraiment la vie que je voulais.
Je savais une chose, une seule : le reste de ma vie, je voulais le consacrer à accompagner, à éclairer, à être aux côtés de celles qui traversent la nuit.
L’astrologie a croisé mon chemin pour la première fois quand j’avais vingt-cinq ans.
Je me formais alors, de ma propre initiative, au développement personnel, tout en entrant dans la vie professionnelle après mes études en école de commerce.
Ma voie semblait toute tracée… et elle ne laissait aucune place pour la Voie lactée.
J’étais manifestement attirée par ce que j’appelais, à l’époque, un outil.
Mais mon cerveau cartésien m’a poussée vers des approches plus “acceptables” en entreprise : la PNL, l’analyse transactionnelle, le MBTI… Je suis devenue spécialiste des modèles, des grilles, des cadres. Et pourtant, il manquait toujours quelque chose.
Un souffle. Une dimension que je ne parvenais pas à nommer.
Ce n’est qu’à l’aube de mes quarante ans que je suis revenue à l’astrologie.
J’ai cherché un professeur — ce fut difficile — puis j’ai rencontré Pascale Bergeron, une femme extraordinaire, qui nous a quittés alors que j’étais encore en formation. Son enseignement m’a ouvert une porte.
Et le tarot s’y est engouffré, comme une évidence supplémentaire, un miroir d’une puissance que je ne soupçonnais pas.
Toujours, sans que je le formule clairement, le fil conducteur était le même : accompagner les autres.
Mais mes croyances rationnelles revenaient au galop.
Je me suis persuadée qu’il me fallait une formation “reconnue”, une légitimité tangible, un cadre qui m’adouberait dans un rôle de psychothérapeute.
Je cherchais une psychothérapie qui prenne en compte la dimension spirituelle de l’être et c’est alors que j’ai découvert la psychosynthèse.
Et cette rencontre a été un coup de foudre — un de ces éclairs qui traversent le corps, éclairent une direction, et imposent une évidence.
Mais au même moment, un autre coup de foudre, dévastateur celui-là, m’a frappée : le diagnostic du cancer.
Un choc qui arrache, qui renverse, qui oblige à se tenir face à sa propre vérité.
Mes plans se sont effondrés, mais l’univers, étrangement, a ouvert un passage là où je voyais une impasse : j’ai pu suivre l’initiation et la première année en ligne.
Comme si la vie me disait : “Tu vas traverser la nuit noire de l’âme, mais tu ne perdras pas ton chemin.”
La psychosynthèse m’a reconnectée à la psychologie jungienne et ses archétypes, qui m’ont ramenée à mon enfance — celle où je passais des heures plongée dans les ouvrages de mes grands-parents, fascinée par la mythologie gréco-romaine.
Sans oublier l’art, et en particulier les courants qui me traversent depuis toujours : les préraphaélites, la Renaissance.
Et au milieu de tout cela, il y avait l’écriture.
L’écriture a été un contenant salvateur sur mon chemin de vie, un espace où je pouvais déposer ce que je n’arrivais pas à dire, exprimer l’invivable, écrire l’indicible.
Pour traverser ce qui, autrement, aurait étouffé mon corps.
Écrire m’a sauvée — plus d’une fois. C’était déjà une forme de thérapie, longtemps avant que je le comprenne.
Et un jour, tout s’est aligné.
J’ai compris que l’astrologie n’était plus un passe-temps, ni une lubie passagère.
C’était une vocation.
L’épicentre de tout ce qui m’anime : la mythologie, la psychologie, les archétypes, l’art, la poésie, la science, l’intuition, l’écriture — et mon propre mystère intérieur.
Pendant longtemps, je n’ai pas osé dire que je travaillais avec un outil que beaucoup rangent encore dans le rayon “ésotérique” de la FNAC.
Alors même que l’astrologie est à l’origine de l’astronomie.
Alors même qu’elle a été, pendant des siècles, une science à part entière, un art noble, une manière d’interpréter le monde et l’âme humaine.
Je me suis longtemps cachée derrière des titres plus acceptables, plus présentables, plus rassurants : pour moi, pour les autres, pour la société.
Mais ce que je ressentais au fond n’avait rien à voir avec un choix professionnel. C’était un appel, un de ceux de l’âme, clair, persistant, profond.
Un appel tellement évident qu’il rendait dérisoire tout ce que j’avais tenté d’entreprendre jusque-là.
Et puis un jour, j’ai compris qu’il me restait un temps limité sur cette terre et je que refusais de continuer à vivre en étant polie, raisonnable, complaisante.
Je refuse de me rapetisser pour tenir dans des cases qui ne m’ont jamais appartenues. Je refuse de cacher ce qui m’anime profondément.
Et surtout : nous avons aujourd’hui besoin de l’astrologie plus que jamais.
Dans un monde qui perd ses repères, qui s’accélère, qui se fragmente, nous manquons de sens.
L’astrologie nous relie aux fondations mêmes de l’humanité, à ces temps où l’on vivait en dialogue avec les dieux, les déesses, les récits fondateurs.
Ces figures traversent encore nos vies aujourd’hui, parce qu’elles appartiennent à notre inconscient collectif — qu’on le veuille ou non.
Alors oui : être astrologue.
Même si les débuts risquent d’être exigeants. Même si certains ne comprendront pas. Même si cela demande du courage, de l’audace, de la fidélité à soi.
Être astrologue, pour moi, ce n’est pas prédire. Ce n’est pas divertir.
Ce n’est pas offrir des réponses toutes faites.
C’est accompagner les personnes avec une approche fondamentalement humaniste et incarnée.
C’est revenir à l’essentiel et révéler le sens présent dans une vie.
C’est aider à reconnecter son « daemon » — cette flamme intérieure qui sait avant nous où aller. Sortir du placard n’est pas une provocation.
C’est un alignement. Ce moment où ma vie intérieure rejoint enfin ma vie extérieure.
2026, pour moi, sera l’année du déploiement. L’année de la libération. L’année de la foi.
Après des années de constriction, de traversées, de dépouillement, je sens que quelque chose en moi demande à s’ouvrir, à prendre de l’ampleur, à respirer plus loin que les limites que je m’étais imposées.
2026 est un appel.
Un appel à embrasser ma véritable vocation et à l’embraser — à lui rendre son feu, sa force, son évidence.
À accompagner les autres avec une méthode qui soit incarnée, symbolique, intuitive et profondément humaniste.
À ne plus me cacher derrière des formes qui ne sont pas les miennes, mais à offrir ce que je suis, pleinement.
C’est aussi l’année où j’arrête de courir et de me plier aux injonctions, de jouer le jeu des algorithmes qui érodent l’âme.
En 2026, je ne publierai plus pour “exister”. Je partagerai ce qui est vrai, ce qui aide, ce qui parle, ce qui relie, ce qui touche d’autres âmes, même si ce ne sont que quelques-unes.
En 2026, je dirai “non” quand ce ne sera pas aligné. Non sans justification. Non sans culpabilité.
Non pas comme un refus, mais comme un retour à ma boussole intérieure.
Je veux avancer sans m’oublier, en prenant soin de mon corps, de ma sensibilité, de mon espace intérieur.
En construisant, en créant, en aidant, en inventant — avec plaisir, avec lenteur parfois, avec vérité toujours.
Et surtout : en 2026, la créativité sera mon pilier.
Je veux me reconnecter à cette part enfantine, vive, libre, qui ouvre tous les possibles, cette part que la vie avait enfouie, mais qui n’avait jamais cessé d’exister.
Je sens que mon année 2026 sera une année papillon :
une année où je ne renais pas, mais où je me déploie.
Je ne sais pas encore quel visage prendra 2026, je sais seulement que je ne peux plus reculer, ni me cacher, ni me réduire pour entrer dans des formes qui ne sont pas les miennes.
Ce que j’ai traversé m’a ramenée à l’essentiel : accompagner, relier, éclairer, créer.
Alors j’avancerai à partir de là.
Sans précipitation, sans justification, sans me trahir.
Je suis astrologue.
Et le reste se dessinera en avançant.

